Deux Gauguin exposés dans des musées américains sont soupçonnés d’être faux

 

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Pour le collectionneur français Fabrice Fourmanoir, qui a vécu en Polynésie, « Des faux Gauguin, il y en a plein ! ». Force est de constater que celui-ci n’a pas tout à fait tort, puisqu’il soupçonne une nouvelle fois que deux tableaux attribués au célèbre peintre postimpressionniste sont des simulacres.

On avait découvert le collectionneur dans une affaire semblable datant de janvier 2020. A l’époque, il s’agissait de la statuette L’Idole marquisienne que l’on prêtait à Gauguin malgré une absence de signature et des techniques artisanales qui ne lui étaient pas familières. Ces incertitudes ne sont pas passées inaperçues puisque Fabrice Fourmanoir a finalement affirmé que l’œuvre n’appartenait pas à l’artiste. Un verdict qui a mené le Getty Museum de Los Angeles à désattribuer la statuette qu’il avait acquis en 2002 pour 3 millions de dollars.

Célèbre pour ce coup de maître, l’expert frappe de nouveau dans deux musées américains, soupçonnés d’exposer de faux Gauguin : L’Invocation à la National Gallery de Washington et Femmes avec un cheval blanc au Musée des Beaux-Arts de Boston. Ces tableaux étaient supposés avoir été peints en 1903 par l’artiste français aux îles Marquises, peu de temps avant sa mort. Or, pour Fabrice Fourmanoir, les peintures auraient été commandées et vendues par Ambroise Vollard, le célèbre marchand d’art de Gauguin, qui aurait profité de sa renommée.

 

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Une chasse au faux dans les tableaux

Pour justifier ses affirmations, le passionné de Gauguin relève plusieurs incohérences dans les toiles. Au sujet de L’Invocation, il questionne notamment la croix surplombant le village des Marquises en arrière-plan, au moment où le peintre n’était pas en très bon terme avec l’évêque catholique de l’Île. De plus, il estime que la figure féminine, au premier plan, parait trop disgracieuse comparée aux habituelles femmes nues que l’artiste représentait sans dévoiler leur sexe. Quant à Femmes avec un cheval blanc, le collectionneur y voit une végétation davantage caractéristique de Tahiti que des Marquises, un paysage qu’il connait bien ayant vécu plusieurs années en Polynésie.

Des musées en alerte

Ces remarques ne sont pas négligées par les musées, qui ont acquis les deux tableaux au cours du XXe siècle, sans pouvoir réellement prouver leurs origines. La situation se complique lorsqu’il s’agit des dernières œuvres de Gauguin, réalisées aux Marquises quand le peintre était malade, laissant peu de documents fiables sur sa production. Mais pour se défendre, la porte-parole de la National Gallery explique ainsi : « Nous prenons très au sérieux les questions d'attribution et de provenance et nous avons examiné attentivement L'Invocation, en discutant avec des universitaires et en l'incluant dans des projets de recherche ». Or pour Fabrice Fourmanoir, l’artiste français n’était pas en mesure de peindre des tableaux en 1903, du fait de problèmes oculaires et de blessures au corps.

Nous verrons sûrement dans les prochains mois si ses affirmations sont justifiées puisque les deux musées envisagent de nouvelles analyses scientifiques des œuvres en question. Une affaire à suivre, donc…


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