Le Musée Picasso dévoile l'exposition Xavier, Chemins buissonniers
MUSÉE PICASSO
Du 5 avril au 29 juin 2025
Il y a des filiations qui pèsent comme des noms de cathédrales. Et d’autres qui se déploient en liberté, par touches furtives, par échos sensibles. Xavier Vilató est le petit-neveu de Picasso, et pourtant, c’est par les marges qu’il trace sa route. Une ligne buissonnière, précisément, comme l’indique le titre de cette exposition qui lui est consacrée au Musée Picasso d’Antibes — lieu de mémoire et d'enfance, où il revenait jadis, enfant, avec ses parents, en visite chez « l’oncle Pablo ». Aujourd’hui, c’est à son tour d’habiter les murs, avec un monde à lui. Fantasque, foisonnant, décalé. Il y déploie ses chimères, ses paysages mentaux, ses figures hybrides à la frontière du dessin, de la sculpture et du théâtre d’ombres. Tout semble issu d’un rêve étrange, un peu halluciné, peuplé de personnages filiformes, de volumes instables, de symboles recomposés. Un univers qui mêle le grotesque à la grâce, la douceur à l’ironie.
Parmi les œuvres exposées, certaines ont été créées spécialement pour l’occasion, comme cette immense céramique murale de plus de deux mètres sur trois, ou encore cette peinture monumentale, peinte directement sur le mur, et qui disparaîtra à la fin de l’exposition. Éphémère, mais essentielle. Comme une respiration dans le parcours, un geste libre et fragile. À cela s’ajoute la série du Domaine des idées, réflexion visuelle en fragments sur les grandes questions de notre époque : les systèmes, les croyances, la mémoire collective. Xavier n’hérite pas tant d’un style que d’une intensité. Comme si l’art, dans cette famille-là, ne se transmettait pas par le trait, mais par la nécessité. Celle de créer, sans relâche, en expérimentant toujours, en changeant de support, de technique, de langage. Xavier est graveur, peintre, cinéaste, metteur en scène. Il ne choisit pas. Il traverse. Et cette exposition le montre justement pour ce qu’il est : un artiste en mouvement. Ici, l’héritage de Picasso laisse la place à une voix singulière, qui s’autorise tous les détours. Et qui nous offre, au détour de ces chemins buissonniers, une promenade intérieure d’une rare fantaisie.