Zao Wou-Ki, L'espace est silence

Mam - Musée d’Art moderne de Paris
Du 1er juin 2018 au 6 janvier 2019

 

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Minérales, aquatiques, étrangement épidermiques… Les œuvres de Zao Wou-Ki ne ressemblent à aucune référence picturale que l’on pourrait connaître. D’ailleurs, le nom même de cet artiste ne nous dit pas forcément grand-chose. Pourtant, il incarne une figure majeure dans la notion d’échanges artistiques entre Asie et Occident, dans la seconde moitié du XXe siècle. L’engouement dont le marché de l’art fait preuve pour la Chine depuis quelques années prend en effet racine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’art et la culture asiatiques sont à l’époque plus que tendances : calligraphie, pensée taoïste et religion bouddhiste traversent les continents. Une nouvelle génération de peintres chinois émerge alors en France. Parmi eux, Chu Teh-chun, Wu Guanzhong, Walasse Ting et Zao Wou-ki. 1948 marque la date d’arrivée de ce dernier à Paris, en plein bouillonnement de l’art moderne entre les États-Unis et la France. C’est à Montparnasse que le peintre choisit de s’installer, en voisin d’Alberto Giacometti : ses travaux sont alors partagés entre thématique chinoise et technique occidentale. Comme les artistes abstraits américains, il peint contre le mur ou par terre, sur des surfaces toujours monumentales, comme s’il ne voulait se poser aucune limite. Sur ces grands formats, peints par gestes larges et couleurs tumultueuses, Zao Wou-Ki se laisse habiter par sa passion pour la poésie et la musique : les inspirations de l’artiste prennent le pas sur ses attaches géographiques. Dans son déchaînement, il écrase parfois les pigments au couteau, laissant sur sa toile des reliefs arides et vivants, comme des chaînes de montagnes… La notion de frontières reste en tout cas étrangère à Zao Wou-Ki durant toute sa carrière : de l’Asie à l’Occident, de l’abstraction au réalisme, ou encore de la tradition à la révolution, l’artiste se nourrit de tout sans distinction et sans préférence. « Je suis surtout sensible aux vibrations », résumait-il nonchalamment : la quarantaine d’œuvres immenses exposées nous le fait bien ressentir.

> On a vu, on vous raconte : l'exposition Zao Wou-Ki, L'Espace est silence au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

The museum is presenting the first major exhibition devoted to Chinese artist Zao Wou-Ki (1920–2013) in France for fifteen years.


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